Interview avec Alexandre Leykiko Festeris, fondateur de Klanik Esport

Evalunna (Vitalité)

1. Bienvenue et merci d'avoir accepté cette interview, est-ce que tu peux te présenter, toi et ton équipe, brièvement ?

Alexandre « Leyiko » Festeris : Bonjour, je suis président & fondateur de Klanik Esport et de Klanik Production, une agence de Gamification. Klanik Esport est un club esport marseillais appartenant au Groupe Klanik.

2. C'est quoi exactement le rôle d'un Head of Esports ?

Leyiko : Mon rôle est très simple, c'est coordonner le développement du club et assurer sa pérennité, faire vivre l’esport au cœur du groupe Klanik sur des enjeux stratégiques et garantir le développement commercial de l’agence de gamification.

3. Comment tu gères la pression et la motivation des joueurs avant/après une compétition ?

Leyiko : C’est très compliqué et ça dépend énormément des jeux. Lorsqu’on était en Div2 sur LoL ou en Open Tour sur Valorant (2023, champion de France), avec un tempérament assez chaud pour ma part, je préférais rester en retrait, laisser faire mon staff et intervenir seulement à la fin d’une réunion ou d’un débrief. De par mon statut, je me dois de garder un standing et une image pro.

4. Selon toi, quelles qualités doivent avoir les futurs joueurs qui veulent passer pro ?

Leyiko : Une excellente hygiène de vie, créer un environnement de travail professionnel dans le jeu mais aussi en dehors. Il faut comprendre que la vie de joueur n’est pas une finalité, qu’il existe d’autres chemins liés à l’esport. Et surtout, il faut avoir très faim, car devenir pro demande beaucoup de sacrifices.

5. Y a-t-il une personne ou une équipe qui t’inspire particulièrement ? Pourquoi ?

Leyiko : Je dirais, comme la plupart, l’histoire de la KC. Je m’y retrouve énormément dans leurs valeurs et leur storytelling, car ils me font penser au club que je supporte dans le foot, l’OM. C’est un peu ce que je vise pour Klanik Esport : devenir l’OM de l’esport.

6. Quand et comment tu as commencé les jeux-vidéos ?

Leyiko : Très jeune, grâce à ma famille.

7. Tu penses que l'âge est un facteur pour être pro sur un jeu ?

Leyiko : Ce n’est pas l’âge le facteur, mais la maturité.

8. Si tu pouvais changer une chose dans la façon dont les jeunes sont formés à l’esport, ce serait quoi ?

Leyiko : Je pense sincèrement qu’on doit tendre vers un modèle de formation Esport / Vie pro.

9. Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer dans l’esport ?

Leyiko : La passion, la ferveur et l’ambition d’avoir un club à Marseille qui me représente.

10. Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut percer en tant que joueur/joueuse esport ?

Leyiko : Sois Soyez réalistes avec vous-mêmes. Si vous n’avez pas le niveau ou l’envie, ne gâchez pas votre temps. Mais si vous en êtes capables, donnez-vous à fond, sans retenue.

11. C'est quoi qui différencie Klanik des autres équipes ?

Leyiko : Je pense que notre modèle économique est unique, ce qui peut être une force comme une faiblesse.

12. En dehors de l'Esport, quels autres jeux ou activités te passionnent et comment contribuent-ils à ton équilibre ?

Leyiko : Ma femme et mes enfants, ainsi que le foot, qui est une véritable religion pour tout Marseillais.

13. Comment vois-tu l’évolution de l’esport dans les prochaines années, en France ou en Europe ?

Leyiko : En France, très mal, avec un modèle de plus en plus élitiste et seulement 4 ou 5 clubs qui peuvent vraiment se développer, entraînant la mort des autres. On manque de nivellement dans les jeux pour permettre l’éclosion de nouvelles équipes.

14. Un joueur/joueuse, pour être pro, ça doit jouer combien d'heures par jour ?

Leyiko : Ce n’est pas une question de jouer. Tu peux jouer 10 heures et ne rien apprendre. Il faut un équilibre entre le jeu et l’apprentissage.

15. C'est quoi le rôle des partenaires commerciaux et qu'apportent-ils à votre équipe ?

Leyiko : Ils nous soutiennent dans le développement de nos projets.

16. Un.e joueur/joueuse sous-coté·e de la scène à qui tu as envie de donner du soutien ?

Leyiko : En 2025, avec la pause de l’esport pro chez nous, je ne suis plus les scènes. J’ai pris du recul après l’année éprouvante de 2024.

17. Comment tu fais pour garder les joueurs motivés après une grosse défaite ?

Leyiko : C’est très compliqué quand on est en distanciel. Lors des bootcamps, c’est un peu plus simple : une accolade, un sourire, renforcer le poids des mots.

18. Si tu devais créer un “parcours parfait” pour devenir pro, à quoi il ressemblerait ?

Leyiko : Lever à 8h, 10h-12h soloQ, repas, 14h-16h soloQ, 17h-19h review et apprentissage, repas et dormir.

19. Quel est le plus gros mythe sur l’esport que tu aimerais casser ?

Leyiko : Que les femmes soient moins fortes que les hommes.

20. Qu’améliorerais-tu dans l’Esport (de façon générale) si tu étais aux commandes demain ?

Leyiko : Je pense que le monde pro va bien, mais je travaillerais sur le nivellement des équipes pour permettre l’éclosion de plus de joueurs, un peu comme dans le foot avec ses différentes ligues. Je travaillerais aussi sur le modèle de diffusion. Quand nous étions en Div2, nous avions zéro revenu malgré le statut pro, ce qui est impensable comparé aux autres sports.

21. Un dernier message pour les fans ?

Leyiko : Même si en ce moment Klanik Esport n’est plus sur des scènes pro, notre communauté vit toujours et nous reviendrons bientôt. À jamais les premiers <3

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